23 mars 2015 – Promenade guidée (2)

L’installation de Sébastien Vonier s’élance à l’orée d’une lande, le long d’une piste cyclable. Nous enjambons un fossé et quelques fourrés avant d’atteindre ces longues tiges métalliques qui s’entremêlent l’une à l’autre à la manière d’un fagot. Nous tournons autour de ces formes étranges parmi les arbres, que nous regardons peu à peu sous un nouveau jour, inquiétants, fragiles, urbains. Au loin, derrière le rideau des pins, on entend le bruit continu de la circulation.

L’artiste a planté son œuvre à cet endroit pour qu’elle « bénéficie » de la proximité des pins, du bruit des voitures, de la surprise du cycliste qui l’aperçoit soudain. Qu’elle se mêle à l’environnement, qu’elle y disparaisse pour apparaître, qu’elle ne soit pas trop mise en scène dans un espace nettoyé pour l’occasion, telle était l’intention de Sébastien Vonier.

Mais on apprend que les services techniques de la municipalité ont fait une trouée pour faciliter l’accès à son installation. On a fait un peu de vide autour. La raison invoquée ? Rendre l’œuvre d’art accessible, jusqu’à reproduire les codes du musée où l’on exige que les œuvres soient exposées au milieu d’espaces qui leur sont entièrement dévolus. Dans le cas de cette installation, rendre l’œuvre accessible, c’est la priver du dialogue qu’elle noue avec son environnement, c’est priver celui qui la regarde d’une partie du contexte sur lequel il s’appuiera pour interpréter cette sculpture et la faire dialoguer avec les pins, la lande ajourée, le bruit des voitures, le surgissement d’un cycliste ou d’une personne en fauteuil roulant.

GALERIE PHOTOS

Premiers clichés sur place…

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